Les anachroniques



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L'anachronique d'Alain Jean-André


5 octobre 2017

Quel moteur de recherche choisir ?

Il y a trois ans, j’ai rédigé une anachronique qui avait pour titre « Échapper à Google ». Je projetais d’écrire d’autres articles sur la pratique d’Internet et du numérique. Les années ont passé, je n'ai pas trouvé le temps d'aller plus loin.. Ce début d'automne, je vais tenter de revenir à ces thématiques, d’autant plus que la situation a évolué.

Parvenu à une époque où l’on se préoccupe beaucoup plus de la protection de sa vie privée, les remarques faites il y a trois ans suscitent plus d’intérêt. Le temps de l’emballement est passé, celui de la méfiance s’installe. Surtout, à la lumière d'affaires de ces dernières années, les yeux des internautes se sont ouverts, enfin ceux de nos contemporains qui veulent bien les ouvrir. Mais ne rêvons pas : on reste loin du compte.

Cette anachronique se limite aux aspects pratiques (principalement la recherche d'informations), sans aborder les enjeux économiques et les mutations sociales, avec une question de départ : pourquoi réaliser ses recherches avec un seul et unique moteur alors qu’il en existe d’autres tout aussi performants ? Les trois challengers présentés indiquent respecter les internautes. Tous déclarent explicitement préserver la vie privée et ne pas stocker des informations personnelles sur leurs utilisateurs.

Le plus ancien et plus connu, lancé en 2010, est DuckDuckGo, un méta-moteur américain (c’est-à-dire un moteur de recherche qui récupère ses informations sur la Toile à partir de plusieurs moteurs généralistes). Il repose sur une publicité minimale fournie par les sites Amazon et eBay. Il ne collecte pas d’informations personnelles sur ses utilisateurs et finance même des projets libres.

On trouve aussi Qwant (lancé en 2013), moteur français à dimension européenne. Il n'installe pas de cookie "traceur", ne piste pas ses utilisateurs, n’exploite pas de données personnelles à des fins publicitaires. Son capital a bénéficié d’investissement de la Banque européenne d’investissement (25 millions d’euros, 2015), d’une entrée du groupe d'édition allemand Axel Springer (à hauteur de 20 %, 2014), d’une participation de la Caisse des dépôts et consignation (à hauteur de 20 %, 2017).

Ajoutons Ixquick, autre méta-moteur américain. La société qui le gère indique respecter de la vie privée de l'internaute, annonce ne conserver ni trace numérique des recherches, ni l’adresse IP. Ixquick propose aussi un service proxy, Ixquick Proxy, incorporé dans les moteurs de recherche Ixquick et Startpage.

D’autres existent, souvent moins pratiques. On peut choisir celui qui convient le mieux, mais rien n’empêche d’employer différents moteurs de recherche en fonction de ses recherches. Choisir son moteur est loin d'être anodin. Celui qui semble le plus indiqué n'est pas forcément le meilleur conseiller. Il est plutôt le meilleur pour les entreprises qui y achètent des espaces publicitaires, même discrets. Et puis, n'oublions jamais, quand nous lançons une recherche, la formule malicieuse : si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit !

© Alain Jean-André

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