par Alain Jean-André
Avec Armand Scholtès, il y a un retour aux sources, à de nombreuses sources. C'est bien un artiste du XXe (du bientôt XXIe ) siècle, mais qui ne se laisse pas emporter par la modernité. Ou alors, sa modernité à lui allie l'art primitif, l'art naïf et l'arte povera.
Voyez les boîtes où il range des objets biens communs : galets érodés, bouts de bois, tissus, ficelles. Des sortes d'inventaires d'une matière brute ou d'un élément naturel qui peuvent être soumis à des exorcisations : l'artiste réveille le chaman, le geste du chaman. Voyez aussi les rangées de lances posées contre les murs de pierre nue de la Tour 46 : signes de l'ancienne guerre, celle à hauteur d'homme, d'avant les machines, les canons, l'apocalypse. Les sources toujours, dans cette redoute de l'époque de Vauban.
Scholtès est un artiste multiple, d'une grande richesse et d'une grande cohérence. Avec lui un art premier donne sa mesure, et d'abord celle de l'homme. C'est aussi un art où la mémoire à sa place, mais une mémoire qui annule les frontières. Cela, pour une fraîcheur vivifiante