par Alain Jean-André
Fraîcheur de Charles Belle. Le plasticien présente dans les trois salles de la MALS de Sochaux de grandes toiles (que l'on aimerait plus nombreuses) et des petits formats. On passe d'énormes fleurs à une silhouette de femme, – des compositions sobres, intenses, vibrantes.
Ce qui surprend d'abord, ce sont ces fleurs à grande échelle, des tulipes, des iris, etc. Le motif acquiert une vie propre, la sobriété du sujet fait éclater les couleurs, amène un hymne à la vie et à l'art. Pas de profusion, d'ironie, de discours : un dépouillement qui atteint l'intensité du haïku.
Avec la silhouette d'un corps de femme s'esquisse la présence d'Eros. C'est juste dit, comme un coup d'aile, à coup de brosses. En fin de compte, Charles Belle offre au spectateur une magistrale leçon de peinture. A l'abondance des images de l'époque, il oppose la sobriété d'une présence.