On vit encore avec le lieu commun de l'œuvre d'art qui dure des siècles, voire des millénaires. La statue d'Aphrodite, la Joconde, Guernica, des dizaines de milliers d'œuvres ont défié le temps. Elles prolifèrent dans les musées, s'entassent dans leurs réserves, et semblent destinées à durer pour l'éternité.
Mais aujourd'hui des artistes créent des oeuvres éphémères, qui disparaissent pendant ou après une exposition. Ils remettent en cause l'objet d'art, ils déplacent les limites de l'art. Des œuvres surprennent par leur fragilité (collages qui ne tiennent pas, dessins au feutre qui s'effacent à la lumière, négatifs qui s'altèrent -- sans parler des photographies, des films, des oeuvres numériques). D'autres ne subsistent plus qu'à l'état de traces fugitives, qui disparaissent quelquefois vite, hybride de l'objet d'art et du fantôme son instigateur (compositions in situ, graffitis, performances, etc).
Il nous a paru intéressant, sans être exhaustif, de présenter dans ce dossier les paradoxes d'une situation à partir de quelques exemples précis.
A partir d'expositions de Eric Snell (plus), Rainier Lericolais (plus) et Daniel Canogar (plus) apparaît un aspect complexe du changement de statut de l'œuvre d'art à notre époque.
C'est encore le cas, plus récemment, avec les travaux de Patrick Neu et de Jean-Christophe Norman(Lire l'article)
Une brève étude essaie de fixer (à titre provisoire, à partir des travaux des tois premiers artistes cités) quelques repères (lire l'étude). D'autres visites d'expositions et textes de réflexions viendront enrichir ce dossier.