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Frédéric
Gerchambeau : Kraftwerk
13
juillet 2002, 14h37.
Et voilà, j'ai pris mes places pour les trois concerts de Kraftwerk du
25 et 26 septembre prochain à la Cité de la Musique. De quoi fêter
dignement mon anniversaire, le 17 septembre à venir. J'aurai 42 ans. Eh
oui, déjà...
Depuis combien de temps n'ai-je pas vu Kraftwerk sur scène, lors d'un
de leur passage à Paris ? Dix ans ? Plus ? Je ne sais plus très
bien...
Et là, toc ! trois concerts coup sur coup ! Mais c'est leur troisième
concert qui m'intrigue le plus. Les deux premiers sont à 20h00. Normal.
Mais le troisième débutera à minuit. Ou plus exactement le 26
septembre à 23h59, comme le précise de manière amusante la brochure
de la Cité à propos de ce dernier concert.
Toujours est-il que minuit est une heure un peu déconcertante pour un
concert (excusez le mauvais jeu de mots !). Quoique pas tant que ça,
finalement, s'il on y réfléchit bien. Après tout ces types-là
adorent les boîtes de nuit et les ambiances nocturnes. Voir par exemple
les dernières paroles des "Mannequins" ou "Neon Lights"...
Je me suis un peu renseigné avant de prendre mes places. Ou alors la
Cité de la Musique n'a pas communiqué en ce qui concerne ces concerts,
ou alors Kraftwerk n'est plus en France qu'un vieux souvenir en bonne
voie pour l'oubli définitif. Car le moins que l'on puisse dire est que
les places ne s'arrachent pas. J'aurai pourtant juré mes grands dieux
du contraire avant qu'on ne me le dise à la caisse.
Enfin quoi ! Ces types ont fourni, outre des pièces de musique
incroyables comme "Autobahn" ou "Trans-Europe
Express", toute la matière à la musique électronique actuelle !
Ils ont pratiquement tout inventé et ont leur a tout piqué, mais quand
ils refont surface après des années de quasi-silence (juste un petit
single, "Expo2000"), tout le monde s'en bat les flancs ! Et
dire qu'à une époque David Bowie, et même Michael Jackson (si, si !),
ont voulu s'associer à eux pour le temps d'un album. En ce temps, ils
étaient des maîtres incontestés, des rois... Maintenant plus rien,
pas même une affiche ou une annonce quelque part. Rien...
Voyez les eaux du Léthé passer lentement sur "Computer
World" et "Tour de France" (justement, c'est de
saison...).
Qui nous refera maintenant un autre "Pocket Calculator" ?
Alors, Musique Non Stop ? Apparemment que si... En tout cas ici, en
France.
Parce que, heureusement, les fans des autres pays sauvent l'honneur. Ça
n'arrête pas d'appeler et de réserver d'Allemagne, de Belgique,
d'Angleterre... Et la Cité reçoit même des coup de téléphone de New
York !
Ouf ! Je ne serai pas tout seul à ces concerts... Et je me réjouis déjà
d'être dans la file d'attente de chacun de ceux-ci pour entendre
parler anglais, allemand... et pourquoi pas japonais ! Les japonais
aussi sont fous de Krafwerk !
Moi, j'ai découvert Kraftwerk en 1974. Je sais, ce n'est pas tout
jeune...
C'était quand ils ont sorti "Autobahn", 22 minutes et des
poussières uniquement consacrées à la gloire de la voiture, de l'auto-radio
et de l'autoroute. Un chef-d'oeuvre d'inventivité, de poésie... et
d'humour ! Je me suis passé ce morceau en boucle pendant des nuits entières.
Pour appuyer la sortie de cet album, ils ont fait une tournée qui,
heureusement pour tous les nouveaux fans comme moi, passait par Paris.
Cela se passait au Pavillon de Paris. (Tiens, curieux, c'est justement là
où se trouve à présent la Cité de la Musique !). Je me rappelle
encore de Ralf Hütter dominant son minimoog et de Florian Schneider se
penchant sur son ARP Odyssey. Sauf quand il jouait de la flute
electronique. Ah ! cette flute ! Quelle merveille d'étrangeté à
regarder, mais quelle classe dans la sonorité ! Et puis il y eu "Metal
on Metal"... Quelle spectacle ! Karl Bartos et Wolfgang Flur jouant
dans une cage avec des cellules opto-électroniques...
Depuis j'ai tout acheté, tout écouté et tout lu ce qu'on pouvait lire
sur eux. Et même si mes goûts musicaux se sont depuis largement
diversifiés, de Yes à Dead Can Dance, de Tangerine Dream à Mozart, en
passant par Malicorne et Loreena McKennit, je garde toujours dans mon
coeur le beat implacable du superbe "Antenna" (incroyable,
soit dit en passant, que Kraftwerk n'ait jamais joué ce morceau,
tubesque s'il en est, en concert !) et le chant nostalgique de "Radioland".
Et pendant longtemps encore je danserai sur "Airwaves".
Alors, bon retour à Paris à vous, Kraftwerk.
Soyez ici comme chez vous.
Ohm Sweet Ohm !
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