l

 

 

 

Retour aux Chroniques de la Luxiotte | Retour à Textes en ligne  

 

Olivier Bleys : Voyage en Asie du sud-est (7)

Bangkok, le 11 février 2002,

C'est un mouchoir à la main que je vous écris ; non pour pleurer, mais pour éponger la transpiration qui m'inonde depuis notre arrivée à Bangkok. 35 degrés à l'ombre, le jour ; à peine moins la nuit ! Comment font les ouvriers du bâtiment thaïlandais pour porter des cagoules de laine ? J'en ai vu plusieurs ainsi accoutrés!

Pardon de cette confidence sans intérêt, mais elle reflète ma préoccupation principale, sous ces latitudes torrides : comment m'habiller ? La chemise est insupportable, le T-shirt est de trop... J'en viens à regretter que les Thaïlandais ne soient pas adeptes du naturisme, afin de pouvoir sans encourir d'amende me dépouiller de toutes ces pièces de tissu superflues ! Au contraire, ici, se couvrir est de bon ton : à l'entrée des temples, des hôtesses distribuent des sarongs aux touristes indélicats qui vont épaules ou genoux nus (quant aux gardiens, ce sont de petites tapes qu'ils infligent aux visiteurs assez grossiers pour photographier certaines statues du Bouddha ou, pis encore, pointer leurs pieds dans la direction du saint personnage !).

J'ai chaud, donc. J'ai chaud et cela se voit, au grand dam des guichetiers de banque à qui ce demi-clochard, ruisselant de sueur, demande 1000 dollars en espèces en échange de traveller's chèques humides ! Ce pays n'est vraiment pas pour moi... Si j'etais consul ici, ou seulement attaché culturel, il me faudrait équiper toute voiture que j'utilise, tout bureau que j'occupe et tout escalier que j'emprunte d'une climatisation efficace afin d'être à peu pres sec et ainsi, de tenir mon rang. Par chance, cette sorte de carrière ne me paraît pas promise.

Bangkok a beaucoup en commun avec Hong Kong. (les gratte-ciels, les grosses voitures et une certaine rudesse de mœurs liée à l'enrichissement), mais son aventure libérale est plus réussie. On trouve encore à Bangkok de magnifiques temples à visiter, de belles excursions à faire en bateau le long d'une rivière tortueuse, et, même chez les " businessmen " les plus endurcis, de jolies croyances d'un autre âge. C'est ainsi qu'on peut voir, au pied des buildings, des maisons miniatures, soigneusement entretenues, destinées à héberger les... oiseaux ? Non, les esprits : où iraient-ils habiter, en effet, puisqu'on les a chassés de leur demeure primitive, disparue sous le béton ? Ce trait suffit à me rendre les Thaïlandais sympathiques. Ils sont charmants, au demeurant, quoi qu'en disent les guides ou les touristes échaudés par de trop vifs marchandages. Une règle d'or pour tout voyageur : le sourire est en proportion inverse de l'argent déboursé ! Dans les grands hôtels, dans les magasins chics, le personnel vous toise - c'est un l'élément de standing. Donc, vive les cantines et les pensions de famille !

Cette grande ville ou nous errons (le mot est juste : pas de numéros de rue à Bangkok) n'est guère commode pour le piéton. Ici comme en Chine, celui qui va à pied est parfaitement oublié. Les gens semblent penser que si l'on a choisi ce moyen de transport, à la portée du plus pauvre, c'est que l'on ne peut s'offrir mieux - ni taxi, ni tuk-tuk (sorte de motocyclettes tractant des remorques et qui roulent à une vitesse folle - ce qui donne l'impression, lorsqu'on est assis à l'arrière face à des feux multicolores relies aux freins, qu'on est dans un jeu vidéo !). A bon entendeur : n'importe quoi de motorisé a priorité sur vous ! Ah, elles sont bien loin, les jungles paisibles du Laos, où nous roulions des heures environnés d'autres paisibles pousseurs de pédales !

[précédente] [suivante]

© 2003 Les oeuvres reproduites sont protégées par les lois de propriété intellectuelle. 
© 2003 All works are protected by copyright. All rights reserved. 

 

Retour aux Chroniques de la Luxiotte | Retour à Textes en ligne