Chroniques de la Luxiotte   |   Textes en ligne

LUXIOTTE
Le journal de Philippe B.Tristan.

Lundi 13 février 2006

J'avais écris cette première page de journal dans l'idée de créer le site. « Comment faire ce site ? » était la plus grande question.

Cette première page, en somme, c'était le manifeste, l'explication.

Et puis Titi (le bassiste du groupe) m'a envoyé Filezilla, un logiciel gratuit pour envoyer le site en ligne et ça a été le déclic. En quatre jours le site était sur le web !

Il m'a semblé normal de publier cette première page écrite au mois de janvier. Ça avait été assez pénible d'avoir à écrire « pourquoi je fais ça ? » J'allais pas m'y coller une deuxième fois. C'est fait.

Donc les dates de février approchent, après demain, mes amis tchèques vont arriver, avec leurs instruments, leurs packs de bière tchèque et leurs provisions (les constantes : saucisses, et toujours de quoi faire un bon goulasch). On va parler anglais, ils vont parler tchèques et je vais essayer d'attraper quelques mots à la volée.

C'est la partie agréable de notre métier, l'amitié, des moments de connivence -- et ces échanges de cultures, moi, j'adore ! La partie la plus désagréable, c'est ce manque d'argent que l'on traîne comme un boulet et qui fait que des fois on se retrouve en conflit avec des gens que l'on aime bien, comme Lionel par exemple (qui a enregistré le CD) à qui je dois de l'argent et qui me le rappelle sévèrement en réponse à mon mail d'information.

Si on pouvait travailler normalement, juste de quoi rembourser nos dettes et vivre sans flipper tous les jours...

Ce journal sera aussi un témoignage. On fait monter la tête aux consciences naïves en leur faisant croire que la musique c'est le sac de billets qui vous tombent sur la tête. Et je vois avec les jeunes de Clairs-Soleils avec qui je suis en contact pour un projet de clip, combien ils croient au miracle, parce qu'ils ont écrits dix chansons. Et j'ai envie de leur dire : on vous ment, on vous fait croire que tout est beau, tout est simple. Mais non, il y a tellement de facteurs qui rentrent en jeu. La plus grande partie des artistes est celle qu'on ne voit jamais à la télé, et la plupart rarement au quotidien. Et moi je rame aussi. Et je le dis.

Les gens aiment rêver. Moi aussi j'aime rêver. Mais je ne crois pas souvent à mes rêves. Et quand je décide de mettre en route un projet dont j'ai rêvé, j'y travaille et je m'accroche.

Et même sans argent, à ce moment-là, on a l'impression qu'on touche la vie du doigt, c'est bon quand même. Alors venez mes amis tchèques, et toi Titi, et toi Biniou. On va se mettre a jouer et on va tâcher de donner quelque chose de bon à notre public, on va tâcher de leur en mettre plein les bras, qu'ils rentrent chez eux avec le sourire en fredonnant : « t'as des sentiments, t'as des sentiments, mais t'as pas d'amour ! »

© Philippe B.Tristan