Le journal de Philippe B.Tristan.
Vendredi 21 avril 2006 - Tábor
Très beau soleil ce matin sur la Bohème sud. Il fait bon, presque possible de sortir en tee-shirt.
Et notre concert à Tábor est maintenant du passé...
C'était la première fois que notre groupe jouait seul dans un théâtre, c'était un beau moment.
Sont venus environ 150 personnes qui sont reparties enthousiastes. Le son était comme jamais nous pouvons en avoir dans les clubs. David Juran, le frère de Karel, était à la console et nous a fait un très beau travail. Jouer dans ces conditions, c'est comme être assis dans un fauteuil, - les sons ne se recouvrent pas, tout est clair.
En revanche les lumières étaient au plus simple : projecteurs blancs, fixes.
Je pense que nous avons fait un bon premier concert. Ce sera mieux je crois à Košice mais il y a pas mal de morceaux qui sont très bien sortis.
Un gros problème a été ma seconde guitare qui m'a lâché en milieu de concert. Il a fallu adapter.
Je voulais vendre cette guitare il y a un mois, elle se venge…
Jára Novotny a fait les photos du concert. Il a choisi le noir et blanc. Nous aurons donc de quoi communiquer, car Jára est un grand photographe !
C'était un plaisir de se retrouver ainsi autour d'un nouveau projet (le précédent étant le documentaire de 52 minutes que j'ai réalisé sur lui en 2004-2005).
C'est vrai qu'il commence à y avoir une longue histoire entre Tábor et moi.
Et dans cette longue histoire est né un grand amour… Et cela grâce à Jára, car Ludmila était son modèle !
Ce soir nous allons jouer à Havlickuv Brod, c'est une ville en direction de Brno, à l'intersection entre la route et l'autoroute (en venant de Tábor).
Nous allons jouer dans un club en première partie d'une chanteuse, Monika Naceva et de Michal Pavlicek un des meilleurs guitaristes tchèques (le meilleur selon Radek !) C'est intéressant de rencontrer d'autres artistes, musiciens. Et vraiment, c'est comme cela que nous devrions voyager toujours. Voyager en travaillant ! Cela évite d'être considérés comme des portefeuilles ! Parce que, pour le tchèque, le français qui traîne chez lui, c'est quand même bien souvent un portefeuille sur pieds. Le reste, ce sont des images d'Epinal : Paris, la tour Eiffel, Montmartre, le Moulin Rouge, la liberté !
Comme ils sont déçus quand ils viennent chez nous de voir la liberté au réel !
Alors, un Français qui vient chez eux pour gagner de l'argent, ça remet un peu les choses en place.
C'est comme cela qu'on apprend à devenir européens…
Ce soir donc, un groupe français jouera en première partie d'un groupe tchèque avec un guitariste très connu. Eh bien, ça me convient. Et j'espère que beaucoup de sympathie sortira de cette rencontre !
© Philippe B.Tristan