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Michel Collet : sur les pas de Han Shan 

 

Midi, les champs opaques. Le monastère s'effondre dans la pleine lumière ; c'est un grand corps aux genoux engourdis. Dans le chemin, mille traces effacées et rien que des cigales ; et les craquements et murmures de l'air jusqu'aux portes basses d'un corridor où les moines étalent le riz. L'escalier de bois tremble sous les cyprès. Chiffon d'essence jeté, courge pourrie flottant dans la rizière. Au centre enfin, la clarté se délabre, s'en va dans une cour annexe, là où me dit-on, résida Han Shan.

 

 

La tulle de la moustiquaire flotte, c'est une sorte de ballot, une enveloppe de sommeil. Vers le matin deux écureuils se sont hasardés à un poste avancé, sur le pas de la porte. Ces émissaires de la vallée courent maintenant sur le faîte du toit de l'ancienne cuisine. Le ciel est un halo, la nuit toujours présente est comme divisée par le feuillage. Cahute humide et trois jours de fièvre.

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Brume, armoise, pierres © Les Cahiers de Montagne Froide                 

 

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