Alain Jean-André, au coeur de l'hiver
... dans le silence d'un musée.
On arrive tôt un début d'après-midi dans les salles d'un musée (aujourd'hui celui de Belfort) et l'on commence à se promener, seuls visiteurs, au milieu des collections, passant de salle en salle, d'étage en étage.
Ce qui surprend, au bout d'un moment, c'est le silence des lieux, l'inverse des bruyantes galeries marchandes du centre ville. En progressant du côté de vitrines qui présentent quelques pièces orientales, en particulier des statuettes en ivoire, un bruit attire notre attention ; finalement on en trouve la cause : c'est un store qui se balance au-dessus d'un diffuseur d'air pulsé.
Puis de nouveau ce silence dans les salles de l'exposition temporaire, des toiles aériennes, légères, transparentes et, au sous-sol, une section technique de l'estampe où l'on peut voir une impression remarquable du poème de Mallarmé :
Un cou de dés jamais n'abolira le hasard. Des vers sur une page aérienne, dans le silence monacal que nos pas et nos mouvements n'entament pas. On sent qu'on a atteint un lieu où les mots battent des ailes, gardent un pouvoir qui ne s'éteint pas dans le brouhaha des rues.