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Patrice Llaona : Quartier Saint-Jean

Crasses chargées de vie, mousses suries autour des édifices anciens, des monuments, des immeubles ecclésiastiques, de la cathédrale Saint-Jean.

Vers mon adolescence et beaucoup plus tard j'ai passé de très longs moments dans cette cathédrale, au calme d'une chapelle latérale dont les murs portent une fresque naïve contant les épisodes de la vie de Jésus. Je ressortais de là avec un cierge volé.

J'ai vu les gens assemblés dans la nef pour écouter la messe en Si de Bach. Jouve : "Apaise ces gens aux yeux fermés dans toutes les salles de concerts du monde". L'interprétation me semblant grise, manquant de nerfs et de rythme, j'ai rêvé l'insidieux : que pouvaient-ils tous bien penser, trois cents personnes, quarante musiciens et choristes, dont les uns se grattaient l'oreille et les autres se tâtaient qui le sein qui la tête ? Bien que la musique ne portât à aucune vision, j'ai vu là-dessus, vent des fantômes, le peuple figé des gros cardinaux de pierre gras et ventrus qui s'avançait dans l'air, sous les voûtes illuminées fantastiques. Au fond, vers les musiciens éclairés, ces trous noirs des ogives derrière la gloire de l'or de l'autel, des chandeliers, du tabernacle, du marbre des Anges adorateurs.

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Campagnes hallucinées et Fragment de ville © Editions Solaire

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