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Patrice Llaona : Le caboulot 

Préambule : écrire une parcelle de vie (une partie de l'enfance pour tout dire) – je ne dis pas raconter, c'est à la portée de quiconque – J'avais projeté une sorte de Journal qui commencerait le jour de mon cinquantième anniversaire, où je ferais part de toute mon expérience -ou absence d'expérience- depuis le début souvenu de mon existence, sans aucun élément romanesque : or il est à noter que tout projet à caractère plus ou moins directement autobiographique (en dehors de la description des "faits" – sujets à caution – extérieurs, ou pris seulement comme support) comporte une partie d'invention, de reconstitution, de rêve, d'interprétation, double part de "faits" plus ou moins souvenus, entendus, intégrés à une pâte temporelle dans l'évolution d'un homme, sa pensée, sa sensibilité, le présent gros d'un passé plus ou moins vécu, plus ou moins rêvé, raconté (que l'homme se raconte, qu'on lui a raconté), une projection d'images sur le présent, une pensée plus ou moins active dans le présent... Je cite une phrase d'un de mes livres (à propos de l'enfance justement, Le Bosquet) : "Chacun a ses dédales, à la fois dans une matière sensible et dans des sinuosités symboliques... Chacun, dans le passé encore neuf et actif, a son objet de contemplation, de méditation. Et ce passé est autre chose que du temps révolu"...

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