Philippe Soriano, Voyage en Inde (1)


Dehli aéroport Indira Gandhi

6h30 heure locale, 4h30 de décalage avec la France. Le vol de 5 228 km depuis Helsinki a duré 6h30. Dès les couloirs et le hall, nous sommes saisis par l’odeur de brûlé (pour simplifier). Change. Sorti de l’aéroport, repéré les deux véhicules où nous prenons place avec les bagages. En route. Nous découvrons tout en vrac : la circulation, les motos et les paggio, les ouvriers se rendant mains dans les poches ou à vélo sur l’un des innombrables chantiers, les travaux et les terrains vagues, des tentes abritant des dormeurs au bord du boulevard. Entrée dans la ville (laquelle ?) par une rue embouteillée. Premières ruelles, premières échoppes dont on a vu tant de photos. Arrêt thé au lait le long d’une avenue fréquentée par de nombreux bus de la ville, verts et jaunes, cabossés, des camions antiques, les voitures. Piétons qui nous dévisagent. Manège des avions au-dessus de nos têtes se préparant à atterrir. Le soleil est levé, voilé par la pollution. Ça y est, nous sommes en Inde et c’est irréel…

Nous sommes en fait à une quinzaine de km au sud de Dehli-centre. Nous reprenons le boulevard encombré en direction d’un marché aux fleurs. Nous nous y mêlons à la foule, aux scooters et motos : roses, tresses confectionnées de toutes sortes et de toutes les couleurs, pétales amassés dans des tissus ou mis en sacs.
Le site du Qtub Minar comprend entre autre une haute tour de la victoire érigée au XIIème pour célébrer l’arrivée de l’islam en Inde. Elle s’affine progressivement de la base vers le sommet à 73 m et a un petit air penché. Mosquée, mausolée. Le chant des oiseaux — des perroquets verts —, de grands arbres inconnus, différents groupes ethniques en visite, qui affluent au fur et à mesure de l’avancée de la matinée. Décalage horaire, décalage tout court : on tourne une chorégraphie bollywood sur la pelouse, l’édifice en arrière-plan. Réflecteurs, consignes données au micro, reprise de courtes séquences dansées par un important groupe de jeunes. À deux pas les employés soulèvent la poussière de l’allée de leur balai de branches, deux femmes cassent au marteau les cailloux pour refaire le dallage.


Route pour Agra

Longue route pour Agra, environ 5 h pour 200 km. Embouteillage monstre à la sortie de la ville —la routine ici. On repère les arrêts de bus, les échoppes (Qu’est-ce qu’on peut bien vendre là-dedans ?), les marques de camions, voitures, motos… Embouteillages dans villes et villages traversés, où se tient le marché au bord de l’axe principal… Véhicules en tous genres sur l’autoroute circulant n’importe comment, personne ne signalant son intention — changer de direction, s’arrêter — pas de clignotant mais une utilisation sur-abondante de l’avertisseur sonore. C’est d’ailleurs peint au cul de tous les camions et tracteurs : Blow Horn ! Donc tracteurs et voitures bondés, souvent en sens contraire, profusion de minibus et auto-rickshaws, motos chargées de 3 ou 4 personnes.

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© Philippe Soriano